Par ces jours de grande chaleur et
d'esprit miné, avec Le Chat, notre activité favorite est de
squatter le canapé. Enfin, moi je squatte le canapé avec un roman
que je n'arrive pas à lire et Le Chat se contente de me squatter
moi.
Pour Le Chat c'est facile. Avec la
chaleur, ses périodes d'activités sont comprises entre 5h et 8h
pour le matin, puis entre 22h et minuit pour le soir.
Pour moi, c'est moins facile. D'abord,
parce que lire est une activité quasi vitale à mon être mais avec
mon esprit miné, cela fait 6 jours que je n'ai pas fini un roman.
Triste ! Aussi parce que dès que je tourne la tête, j'aperçois les
palettes de récup' entreposées sur le balcon par L'Homme et ses
muscles, et qui attendent sagement que je m'attaque à les désosser
pour en faire une tête de lit. Le point positif c'est qu'elles n'ont
pas l'air effrayé par leur mort prochaine.
Bref, quand on squatte comme ça avec
Le Chat, c'est qu'on cherche le meilleur. Pour lui, il s'agit de
position pour dormir. Pour moi, de réalisations personnelles,
d'épanouissement.
En attendant de trouver le plan parfait
pour mon épanouissement et sa réalisation, j'ai un travail dit
alimentaire. Tout le monde connaît ça, certains passent même leurs
vies dans ce type de boulot. Moi, mon travail alimentaire il est dans
la restauration. Parce qu'en terme d'expérience, c'est là où j'en
ai le plus. Un jour, jeune étudiante pleine de rêve, j'ai tenté
l'expérience des saisons, et depuis j'ai continué dans divers
établissements. Celui-ci il est particulier. C'est le restaurant
d'un hôtel 3 étoiles. De loin, ça fait classe. Mais de très loin,
en fait. Car de près, je vous assure qu'il vaut mieux manger dans un
célèbre restaurant à burgers qui a un clown hideux pour mascotte!
Du coup, je déprime. Enfin le terme
est fort mais selon L'Homme c'est mon côté « marseillaise ».
La cuisine, c'est une de mes passions. Et je ne la conçois pas
comme une simple ouverture de produits tout préparés sous vide,
jetés négligemment dans une assiette. Je vous passe les détails
sur les produits non datés, et du coup, l'utilisation de produits
passablement périmés. Je ne comprends pas le plaisir de travailler
de cette façon là, - d'ailleurs moi qui suis nouvelle ça me donne
mal au bide à l'idée d'y aller. La cuisine, c'est le cœur. Du
moins, c'est du cœur. On cuisine pour faire plaisir aux autres mais
aussi à soi-même. Oui c'est égoïste de cuisiner ! Ne mentez pas,
on attend tous un compliment quand on cuisine, et on le préfère
sincère ; sinon c'est une vraie attaque personnelle.
Du coup, je déprime et quand je
déprime plusieurs solutions s'offrent à moi :
1/ avoir envie de partir en vacances
2/ cuisiner
3/ dévaliser les boutiques
Compte-tenu du niveau de mes finances,
je combine les solutions 1 et 2. Plus qu'à choisir la destination.
L'Inde, c'est bien. L'Inde c'est bien pour plusieurs raisons :
- L'Homme, il aime bien manger
indien !
- Le curry est mon épice préférée
!
-La cuisine indienne regorge d'idée
pour les végétariens ! Et ça, c'est super pour la jeune
végétarienne en conversion que je suis.
Dans un sursaut d'énergie, je me
dirige dans la cuisine. Le Chats suit en se demandant pourquoi je
m'agite, et surtout, surtout pourquoi je branche Bobby – Bobby
c'est notre four-, il trouve qu'il fait assez chaud dans l'appart ;
pour bien me le signifier, il se couche en soufflant les pattes avant
dans son bol à eau fraîche. Je rigole devant ses humeurs, il
sourcille, pas très content de la moquerie.
Ouverture du frigo, recherche des
trésors cachés – avec L'Homme, ça fait quelques jours qu'on a
abandonné l'idée d'aller faire des courses et qu'on se nourrit de
fromages. Miracle, je retrouve deux courgettes et quelques carottes !
Les courgettes me rappellent comment
j'ai appris à cuisiner et pourquoi cette idée de faire plaisir
m'est essentielle. Dans ma famille, c'est mon Papa qui cuisine. Tout
le temps, depuis à peu près toujours. Il se lève à l'aube et
cuisine des plats qui mijotent pendant des heures et des heures et
dont les effluves se répandent dans la maison. Pour certains, cela
est étonnant, voire dérangeant de sentir l'odeur des pieds et
paquets - Mes anciens plaisirs d'omnivore...- avant son premier café.
Pour moi, c'est rassurant. Cela me signale que je suis chez moi.
Donc Papa, il nous cuisine des
gigantesques marmites remplies d'herbe du jardin pour que ça donne
du goût et de bons produits de saison. Et si t'en reprends pas 3
fois, c'est que t'as pas aimé ! Il ne cuisine pas juste pour
cuisiner et nourrir la famille. Non il cuisine pour retrouver des
saveurs, celles de ma Provence adorée, celles de la cuisine de sa
maman à lui, celles qui font que vous vous jetez sur ses plats comme
si vous aviez pas mangé depuis 10 jours ! C'est comme ça que j'ai
appris à cuisiner en le regardant faire -parce Monsieur n'a aucune
recette écrite, il fait tout à l'instinct mais j'aimerai bien qu'il
m'écrive ses recettes pour pas les perdre-, et en regardant le
plaisir naître chez les gens qui dégustent ces plats.
Bref, j'en reviens à mes courgettes.
Les courgettes c'est une sorte de légume totem dans ma famille. Papa
élève des courgettes bio énormes qui s'étalent dans tout le
potager et prépare le meilleur gratin de courgettes du monde! Mon
frère fait un flan de courgettes juste super bon aussi ! Je décide
de poser ma pierre à l'édifice familial et je tente une terrine de
courgette au curry et lait végétal. Et comme L'Homme doit emporter
un lunch le midi – ça évite les sandwiches poulet mayo-, je lui
concocte un duo de lentilles façon dhal.
C'est ça la cuisine, l'amour.
Terrine de courgettes curry
et lait végétal
1 oignon
2 courgettes
lait végétal
curry
sel et poivre
huile végétale
Je fais revenir, dans une
poêle huilée, les oignons, les courgettes, le curry puis je mixe le
tout avec le lait végétal et j'assaisonne. Je laisse cuire 30
minutes à 180 degrés.
Duo de lentilles façon
dhal
150 grammes de lentilles
vertes et blondes
1 oignon
quelques carottes
une boîte de tomates
pelées
curry
sel et poivre
huile végétale
Faire revenir le tout dans
une grande casserole en mettant les lentilles en dernier et en
ajoutant 50 à 75 cl d'eau au cours de la cuisson. Je laisse cuire
pendant 30 à 40 minutes à feu doux.
RépondreSupprimerPeuchère, j'en ai les larmes aux yeux moi, de cette histoire! Très amusant le chat, mais aussi très émouvante la petite Provençale qui a reçu tant d'amour en Héritage, et puis qui est venue se perdre à Paris, pour l'Amour de l'Homme.
Bel hommage à ton Papa, tu devrais lui faire lire, ça le rendrait heureux sans aucun doute.
Bon courage pour le travail alimentaire, où on ne fait pas dans la dentelle, mais qui ne sera qu'un passage que tu oublieras vite.
Et puis si tu ne peux pas aller en vacances en Inde, tu auras tjs "tes chères collines" ou bien.... la Bretagne, bien-sûr !
gros bisous